11/07/2007
Hellfest - Clisson, 24/06/07

Le Hellfest est, sur le papier, le festival metal estival (a.k.a. "Summer Open Air") qu'il manquait à la France, permettant de nous aligner sur les mega-festivals de nos voisins européens (Gods of Metal, Graspop, Wacken...).
Cette 2e édition confirme cette volonté de se hisser au niveau de ces derniers avec une affiche bougrement alléchante qui n'a rien à envier à nos voisins, si ce n'est... l'organisation ! Mais n'ayant pas ou peu vécu ces désagréments, je vous laisse gré de consulter les avis de ceux qui ont vécu le "côté obscur du Hellfest".
Cette année, le festival se déroule du 22 au 24 juin, et hasard des calendriers, Muse au Parc des Princes vient s'intercaler le samedi 23.
Il se trouve que c'est la journée du dimanche qui me parait immanquable : une alliance entre groupes uniques à représentations exceptionnelles (Atheist et Emperor, reformés l'an dernier pour quelques festivals, mettent un terme à leurs retours respectifs cette année) et gros calibres (Dream Theater, Megadeth, Scarve, Edguy, Blind Guardian, Behemoth).
Amer à l'idée de manquer cette journée, je ne peux que me résigner (l'avant-veille) à organiser rapidement cette "expédition" en pays nantais, dans les délais impartis !
Les photos du samedi c'est par ici
Merci Cédric !
Après un TGV bien matinal à Montparnasse, une courte escapade autour de la gare de Nantes, un TER en direction de Clisson et une traversée du pays façon "touriste du dimanche", me voici sur ce vaste champ labouré les 2 jours précédents par les festivaliers.
Les Français de Manigance et de Heavenly ont ouvert le bal dominical, pendant que je longeais les abords du site en vue d'accéder au Saint Graal, la "fameuse" entrée (Photo).
Définitivement, ces 2 groupes n'apportent rien, les allemands d'Helloween ayant fait 100 fois mieux il y a 20 ans.
Non, mes 1ers clients étaient les Italiens d' Ephel Duath, groupe complètement barré mélangeant de nombreux styles (m'ayant plus séduits sur album que sur scène) et surtout les Nancéens de Scarve.
Here they are...
SCARVE - Gibson Stage, 15h30/16h
Groupe français que j'adule depuis leurs débuts, je suis dubitatif quant à leur avenir, suite aux événements ayant ponctué les 12 derniers mois, à savoir le départ des 2 chanteurs Guillaume Bideau (engagé chez Mnemic) & Pierrick Valence (se concentrant à 100% sur Phazm), ainsi que la non-disponibilité pour une échéance inconnue du batteur et co-fondateur Dirk Verbeuren), ayant rejoint les rangs de Soilwork).
Bien que le dernier album "The Undercurrent" disponible depuis peu soit une belle réussite étant donné le climat dans lequel il fut enregistré, et que le mystère du (des) remplaçant's) inconnu(s) soit à élucider, j'avais comme une mauvaise appréhension avant le début du concert.
Dès leur montée sur scène, le secret est levé : c'est Bob de Watcha, l'homme à la tignasse tentaculaire, qui assure l'intérim.
Un sentiment général de flottement règne, le son est très moyen, voire mauvais, seul le noyau dur du groupe (la paire de guitaristes) semble y croire vraiment.
Le chanteur de Watcha faisait son possible pour alterner voix claires & growls, avouons qu'il s'en est relativement bien sorti de par la tâche et le délai attribué.
Le Danois derrière le kit assure sans problème les parties de batterie de Dirk, mais malheureusement rien n'y fait : bien que la set-list soit à faire pâlir, la sauce ne prend pas.
Ne nous voilons pas la face, Scarve n'était pas sous son meilleur jour, souhaitons-lui un avenir meilleur.
Set-List :
Fireproven
Endangered
The plundered
Asphyxiate
Senseless
Mirthless perspectives
An emptier void
Irradiant
Un peu de repos avec Dark Tranquility, groupe dont je n'ai jamais pris le temps de me pencher sur leur discographie.
Etant adepte de la découverte live, je reconnais avoir été captivé par leur prestation. Il n'est jamais trop tard...
Une fois le concert terminé, je vais me positionner minutieusement devant la Main Stage pour Atheist, sur fond sonore d'Aborted, les "garçons bouchers belges", se démenant sur la Gibson Stage.
ATHEIST - Main Stage, 17h10/17h50

Atheist, groupe majeur de la mouvance death technique et inventif du début des années 90 avec leurs compères Pestilence, Death, Sadus, Cynic et bien d'autres, s'est reformé l'an dernier à l'occasion de quelques festivals (dont le Wacken en 2006) avec dans ses rangs le noyau dur Kelly Shaefer (chant/guitare) et Steve Flynn (batterie), ainsi que Tony Choy (basse).
Rand Burkey (guitare) n'est pas de la partie et Kelly Shaefer ne pouvant jouer de son instrument, c'est la paire de gratteux issue de Gnostic, le groupe actuel du batteur Steve Flynn, qui assure avec brio les structures rythmiques et solis complexes.

L'accent est mis sur la période du groupe avec Roger Patterson, le regretté et génial bassiste originel décédé dans un accident de la route en présence de ses camarades (destin troublant, similaire à celui de Cliff Burton de Metallica), puisque seuls 2 titres de l'album "Elements" sont joués (album non composé avec Roger Patterson).
L'enchainement "Unquestionable presence" et "On they slay" lance les hostilités de fort belle manière et présente une section rythmique hyper carrée.
"Mineral" et "Air", aux accents plus jazzy & groovy, viendront s'intercaler dans ce déluge de météorites, permettant aux festivaliers de reprendre leur souffle avant le tryptique final issu de l'album "Unquestionable presence".Le public en redemande et Atheist de conclure sur un "Piece of time" hautement symbolique !
Tony Choy finira même par jeter à 2 ou 3 mètres de moi son magnifique t-shirt à l'effigie de Roger Patterson, je ne participerai pas à à la lutte ayant duré un bon 1/4 d'heure entre 3 kids pour l'obtention de ce collector.
Ce concert ayant visiblement été filmé dans l'optique d'un DVD, souhaitons que ce dernier soit à la hauteur de l'événement afin de prendre place fièrement aux côtés des "Piece of time", Unquestionable presence" et "Elements".
Atheist est mort, vive Atheist !
"Here we stand at a hallway with nothing but open doors,
venture in your human existence awaits there for you,
It's your piece of time"
*** Photos persos ici ***
Set-List :
Unquestionable presence
On they slay
Mineral
Unholy war
Retribution
Air
An incarnation's dream
Mother man
And the psychic saw
Piece of time
Il est 18h ou presque et les polonais de Behemoth entament leur set sur la Gibson Stage.
Ca bucheronne sévère, même d'une oreille lontaine, mais je vais préférer la pause restauration et hydratation, car jusque-là le beau temps était prédominant.
KREATOR - Main Stage, 18h45/19h30

Kreator, groupe de thrash allemand, m'avait mis une bonne claque derrière la tête lors de leur prestation au Graspop en 2002.
Pas vraiment client de ce genre de musique style "thrash old-school", j'avoue néanmoins reconnaitre le côté plaisant sur scène : efficace, direct et sans fioriture.
Cette année au Hellfest, on reprend les mêmes et on recommence !
Son leader Mille Petrozza est passablement (faussement ?) énervé, bien décidé à en découdre et à obtenir la médaille du groupe ayant foutu le plus de bordel dans le mosh-pit.

Ses introductions en deviennent même kitsch par moment, de la leçon de vie "we're all... enemy of God" aux sollicitations du genre "êtes-vous prêt à tuer votre voisin ? Pleasure to kiiiilllllllll !" ou bien l'insistant "je sens ici parmi vous une atmosphère vraiment, vraiment, agressive, et vous ? ixtwouiiiime agwechionnn !"
... :)
S'il n'est pas sur la 1ère marche du podium, il ne doit pas en être bien loin car de mémoire, cela fait une éternité que je n'avais pas surveillé mes arrières à ce point !

Et que ça pogote, et que ça se la joue pit circulaire, saupoudrez le tout de quelques slammeurs à longueur de show et de jets de terre/paille et vous obtenez une joyeuse photographie du site.
Ambiance !
Set-List :
Violent Revolution
Pleasure to Kill
Enemy of God
People of the Lie
Suicide Terrorist
Extreme Agression
Phobia
Betrayer
Flag of Hate
Tormantor
Pause flânerie et shopping après Kreator, histoire de choper un superbe t-shirt d'Emperor, afin d'être monté fin lors des prochaines soirées karaoké parisiennes.
Afin d'être bien placé devant la Main Stage, je décide de "camper" progressivement, à commencer par la prestation de Within Temptation vers 20h.
Là aussi, il s'agit d'une découverte live... Verdict : fadasse !
Les mélodies vocales gnangnantes et ces guitares faisant office de bruit de fond sans vraiment proposer de plans accrocheurs ont eu raison de ma patience. Quel ennui !
Vite, la suite ! Ce sera justement Edguy, d'une oreille attentive puisque présent sur la Gibson Stage. Dommage, j'aurais bien troqué ces derniers sur la Main Stage contre Without Passion, euh... Within Temptation, autant pour moi.
MEGADETH - Main Stage, 21h20/22h20

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, je n'avais vu Megadeth qu'une seule fois en concert en 1997 (tournée suivant "Cryptic writings"), alors qu'ils ont bercé ma jeunesse metallique au même titre que des Metallica ou Iron Maiden que j'ai vu de nombreuses fois.
Le père Mustaine est un docteur ès du riff qui tue et il me tardait de le voir à nouveau !

Venant de sortir son dernier album "United abominations", c'est tout naturellement sur un "Sleepwalker" envolé que le groupe débute son show. Ne connaissant pas bien encore ce dernier né et plutôt adepte du "vieux" Megadeth (pré-1999 précisément), c'est avec surprise et joie d'entendre aussitôt des "Take no prisoners" (issu de "Rust in peace", bien représenté ce soir-là !) et "Wake up dead" n'ayant pas pris une ride !
Mustaine prend la température du Hellfest et constate qu'il était fort attendu, ce qui n'est pas pour déplaire à son petit ego. C'est tout joyeusement qu'il lance ainsi un nouvel extrait du dernier album, et pas des moindres... "Washington is next !"
"Hangar 18" nous ramène à nouveau 17 ans en arrière et prouve une nouvelle fois, qu'en plus d'être difficile à jouer sur Guitar Hero II, il est également une usine à riffs dans la tradition Mustaine.
L'intermède "France je vous aime" arrive avec un "A tout le monde" et son refrain fédérateur, repris par un Hellfest soudé comme une équipe de rugby en 3e mi-temps.
"Never walk alone..." est un nouvel extrait du dernier album, moins convaincant que ses prédécesseurs je trouve, qui aurait plutôt sa place sur une set-list de 2h, mais pas celle-ci ! J'aurais préféré à sa place un "In my darkest hour"...
Seul moment "ventre-mou" du concert, le rouleau-compresseur Megadeth repart de plus belle sur sa symphonie en mi destructeur, dont le riff principal est scandé d'un "me-ga-deth" en rythme. ENORME !

Le nouveau bassiste James LoMenzo introduit vraisemblablement le dernier titre de cette soirée, un "Peace sells" intense et toujours d'actualité 20 ans après.
Dernier titre ? Mustaine et ses sbires ne pouvaient quitter les lieux ainsi, c'est donc sur un dernier titre, "et un bon" aime-t'il préciser, que le show se termine : "HOLY WARS" !
C'est sous les acclamations que Mustaine & Co. saluent le public qui en reprendrait bien une louche, mais ce sera pour une prochaine fois, Blind Guardian entamant son set sur la Gibson Stage.
*** Photos persos ici ***
Set-List :
Sleepwalker
Take No Prisoners
Wake Up Dead
Washington Is Next!
Hangar 18 (1, 2 et 3)
She-Wolf
Gears Of War
Tornado of souls
A Tout le Monde (1, 2 et 3)
Never Walk Alone...A Call To Arms
Symphony Of Destruction
Peace Sells
Holy Wars...the Punishment Due
Me restent quelques 45 minutes de repos sur fond de heavy metal, en attendant Dream Theater...
DREAM THEATER - Main Stage, 23h/0h

Dream Theater vient lui aussi de publier son dernier album, "Systematic Chaos".
Dans l'attente, il était amusant d'écouter autour de soi les commentaires sur le groupe à venir, relevant plus du cliché pour le néophyte prêtant à sourire que d'une rélle connaissance du combo new-yorkais ("très technique avec des solos chiants", "leur batteur est le meilleur du monde"...).
Coincé entre Megadeth et Emperor sur la Main Stage, il ne fait aucun doute que la Set-List sera orientée sur leur répertoire le plus musclé.

C'est sur le très moyen "As I am" que le groupe débute, titre ni vraiment intéressant, ni très metal, qui relève plus de la faute de goût qu'autre chose. Dommage, on lui aurait préféré un "The glass prison", comme en 2002 au Graspop !
Passons à la suite, "Panick attack" ou comment Muse sonnerait s'il était un groupe de metal. Efficace en live, il n'en reste pas moins que cette affiliation reste agaçante.
S'ensuivent 2 extraits du dernier album, "Constant motion" et son esprit fleurant bon avec Metallica et "The dark eternal light" faisant plutôt penser à Mudvayne.
Autant sur album ces titres peuvent parfois me faire grincer des dents, autant sur scène je me suis laissé prendre au jeu : ça dépote sévère !
L'interprétation est sans faille, Portnoy est ultra-déterminé derrière son kit et LaBrie est en grande forme vocale.
Les voix trafiquées sur "TDEN" sont bien interprétées et renforce le côté massif de ce titre taillé pour la scène, agrémenté d'un solo de Petrucci très typé metal et d'un finish-à-la-Pantera. Un vrai régal !S'ensuivent 2 classiques du groupe, "Endless sacrifice" et sa montée en puissance et "Home" (seul rescapé de "SFAM"), avant de terminer sur un "Pull me under" gonflé aux anabolisants.
So What ?
La basse du fantastique Myung est omniprésente, LaBrie est en grande forme vocale depuis un moment, Petrucci nous régale de ses riffs et solos, Portnoy est le garant de l'assise du groupe, mais Rudess est bien trop discret dans ce profil musical.

Oui, Dream Theater est avant tout un groupe de metal et le prouve une nouvelle fois ce soir, avec une performance très proche de celle du Graspop en 2002.
Mais Dream Theater a d'autres cordes à son arc, ces touches expérimentales et progressives avec lesquelles il révèle complètement son identité et qui donnent des "A change of seasons" par exemple, qui d'ailleurs n'aurait pas démérité ce soir-là.
Aussi satisfaisant soit ce concert, il manquait néanmoins le fameux "petit quelque chose qui fait toute la différence" et qui les rend incontournable...
*** Photos persos ici ***
Set-List :
As I Am (1 et 2)
Panick Attack
Constant Motion
The Dark Eternal Night
Endless Sacrifice
Home
Pull Me Under
EMPEROR - Main Stage, 1h/2h10

Emperor... LE groupe de black metal par excellence selon moi, celui dont j'ai assurément le plus regretté la séparation (fin 2001 et un album posthume jamais défendu sur scène : "Prometheus : the disciple of fire & demise") et pour lequel j'ai le plus d'admiration (Dimmu Borgir les talonnant de très près).
Après un speech de l'organisateur du festival remerciant les bénévoles et s'excusant suite aux difficultés rencontrées au fil des journées (notamment l'annulation de Korn), le tour-manager d'Emperor introduit la montée sur scène du groupe...
"THE EMPEROR HAS RETURNED !"
Lights off, GROS FRISSONS !!!

Ihsahn (chant/guitare), Samoth (guitare), Trym (batterie) et Secthdamon (basse) montent sur scène dans une obscurité totale (et ce n'est pas la Lune qui va nous éclairer), pour balancer les 3 1ers titres du 1er album "In the nightside eclipse".
Incroyable ! A l'issue de ces 3 titres, bien que le concert ne fasse que commencer, la messe est dite : c'est ULTIME !!!
Le Hellfest commence à mesurer l'intensité de l'événement. Ihsahn prend "la température", malgré l'heure tardive et le temps pluvieux, et balance la suite (issue de "IX Equilibrium") : "An elegy of Icaros" et surtout "Curse you all men !", ou comment réveiller des festivaliers en peine pendant les intermèdes.
1 seul et malheureux extrait du dernier album en date - ce sera mon seul regret - "In the wordless chamber" et ses envolées de cuivres (samplées, of course) soutenant le rythme effréné de ce titre ravageur.
C'est un véritable pluie de hits atomiseurs, piochant tour à tour dans les différents albums avec aisance, le groupe s'étant forgé un répertoire de qualité au fil des années.
C'est également une situation assez paradoxale : une très grande partie du public connait à fond les titres du groupe, alors que celui-ci s'est très peu produit sur scène avant de splitter en 2001.
Il y a donc un public de masse et un following très important de la part de celui-ci.
On ne peut que d'autant plus regretter le caractère éphémère de l'événement : ce sera vraisemblablement notre dernier concert d'Emperor.
Chaque seconde vaut de l'or et le groupe s'attache à faire fructifier ce capital : comment résister à un finish pareil "Inno a satana" / "I am the black wizards", couronné par un "Ye entrancemperium" MA-GIS-TRAL ???
Le glas a sonné, Emperor s'en est allé, quittant un public abasourdi.
La journée de dimanche était de très haut niveau, surtout sur la Main Stage, mais Emperor a pleinement justifié sa position sur l'affiche : c'était définitivement au-delà.
Hors concours !
Un événement magique, rare, intense, fou, surnaturel, qui valait bien toutes les peines du monde.
PUTAIN J'Y ETAIS !!!!!
*** Photos persos ici ***
Set-List :
Medley : Into the infinity of thoughts / The burning shadows of silence / Cosmic keys to my creations and times
An elegy of Icaros
Curse you all men!
In the worldless chamber
The Majesty of the nightsky
The loss and curse of reverence
Thus spake the nightspirit
With strength I burn
Inno a satana (1 et 2)
I am the black wizards
Ye entrancemperium
Un grand merci à Bertrand qui aura eu la gentillesse de me ramener en gare de Nantes, me permettant de prendre le 1er TGV en direction de Paris (5h) et de me préparer sereinement avant de reprendre "une vie normale", des souvenirs plein la tête...
02:55 Publié dans Live After Death (concerts) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Hellfest, Clisson, concert, metal, Atheist, Kreator, Emperor

