10/10/2007
Paradise Lost - In Requiem

Paradise Lost, ou comment un groupe arrive à me passionner depuis sa découverte, c'était il y a... 14 ans, avec la sortie de l'album "Icon" !
Collégien à l'époque ne jurant que par le triangle Metallica/Iron Maiden/Guns n'Roses, j'étais fasciné par ces mélodies aux aspects lourds, sombres, théâtraux, véhiculant leur lot d'émotion, guère positives (voire dépressives par moment), mais tellement bien ficelées.
Etiqueté "metal gothique" aussi maladroitement que le Babybel est au rayon fromage, les Anglais ont su conserver leur marque de fabrique et proposer des albums variés (allant même jusqu'à publier en 1999 un "Host" plutôt pop, mais toujours sombre), tout en conservant une qualité d'écriture soutenue.
La bande à Nick Holmes & Greg Mackintosh force le respect au travers de ces années, et c'est tout naturellement que ce nouvel album se doit d'être étudié minutieusement.
Sans révolutionner le genre, "In Requiem" s'impose avec force parmi ses aînés.
Foncièrement metal dans les sonorités, furieusement mélodique de bout en bout, c'est un Paradise Lost décomplexé qui s'offre à nous.
En ce sens, cet album n'est pas sans rappeler le chef d'oeuvre qu'est "Draconian Times".
Il possède la noirceur et la profondeur des compositions les plus mélancoliques du groupe, et se révèle moderne et accrocheur par l'utilisation intelligente de choeurs et orchestrations.
Saluons également un Nick Holmes en très grande forme vocale, régulièrement à fleur de peau, portant cet album de bout en bout.
Paradise Lost ringardise tous ces combos s'étant fortement "inspirés" à différents degrés de leur style, frisant le plagiat pour certains (en vrac : HIM, The 69 Eyes, To/Die/For et toutes ces formations sans grand intérêt, nordiques pour la plupart).
A noter en édition limitée, un superbe écrin velours renfermant l'album en version digipack, rappelant justement l'édition limitée de "Draconian Times" sortie en 1995.
A albums exceptionnels, objets exceptionnels !
19:20 Publié dans Bring The Noise (musique) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Paradise Lost, album metal, rock, gothique
16/09/2007
Marduk - Rom 5:12

Groupe suédois de Black Metal à la discographie assez variée, je l'avais personnellement mis en quarantaine depuis "Nightwing" (1998), ayant chopé un mal de crâne avec "Panzer Division Marduk" (2000), album autoproclamé par le fondateur et guitariste du groupe comme étant le plus rapide et destructeur du genre, et ayant trouvé peu d'intérêts dans la suite donnée ni dans les pitreries de Legion, ex-vocaliste.
Mais il y a 2 ou 3 ans, ce dernier a été remplacé par un certain Mortuus et "Plague angel" est sorti sans que j'y prête attention.
Et puis ce "Rom 5:12" est arrivé entre mes oreilles par hasard, sans attente particulière de ma part.
QUEL CHOC !
Le Marduk que j'avais laissé de côté n'a pas grand chose de commun avec ce que propose cet album, et ce dès le 1er titre "The levelling dust".
Mid-tempo, mélodique, aux riffs de guitare entêtants, aux sons très "roots" (ah, cette basse synthétique et ronronnante couplée à la batterie très brute, quel plaisir !), mais surtout quelle voix !
Le "nouveau venu", Mortuus, ne laisse pas indifférent !
Ses vocaux criards et plaintifs sont extrêmement originaux et confèrent une identité particulière au groupe, lui permettant de se démarquer aisément du lot.
Sur ce point, Marduk (enfin, son leader Morgan Akansson) a eu le nez creux !
Exit le côté fanfaron cirque Pinder de son prédécesseur Legion, Marduk retrouve avec Mortuus un aspect sale et malsain.
Même si l'album propose quelques passages vraiments extrêmes "comme autrefois", l'album est vraisemblablement plus lent d'une manière générale.
Délaissant intelligemment le côté bestial et sauvage largement défriché sur ses précédentes réalisations, le travail de composition porte en grande partie sur l'ambiance, lugubre et sinistre, caractérisée par des mélodies sombres et lancinantes, un chant glacial et dérangeant, le tout renforcé par un caractère obsessionnel procurant un sentiment d'addiction vraiment troublant !
"Rom 5:12" est un album noir, glauque, inspiré, autour duquel la Faucheuse n'est jamais bien loin.
20:08 Publié dans Bring The Noise (musique) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Marduk, black metal, rock, Suède
22/08/2007
Porcupine Tree - Fear Of A Blank Planet

Plutôt que de me lancer dans la rédaction de mon avis personnel sur ce qui est l'événement musical rock de cette année, je vous propose de consulter cette excellente chronique rédigée par Sébastien dans le fanzine français Your Majesty (consacré au groupe de metal progressif Dream Theater) et de suivre ses conseils !
"Il est vraiment plaisant pour un mélomane de regarder l’évolution de Porcupine Tree et sa capacité à sortir des albums qui élèvent le niveau, l’un après l’autre. Tout d’abord prête-nom à des compositions et instrumentations électroniques et psychédéliques, mais purement solistes de Steven Wilson, celui-ci a su peu à peu transformer Porcupine Tree en un véritable effort de groupe, ce qui n’a jamais été aussi vrai que sur ce nouvel album. En effet, même si Wilson reste le compositeur principal, le fait d’avoir joué l’intégralité de ce nouvel album sur scène, avant de l’enregistrer, a permis à chaque membre du groupe de trouver les meilleurs arrangements pour ses parties, et d’arriver à une symbiose rarissime. Ce processus, que très peu de groupes oseraient mettre en œuvre de nos jours, rappelle pourtant celui de bien des grands groupes rock de la période faste et prolifique des années 70.
En outre, Steven Wilson s’est fait connaître dans le monde du metal à l’occasion de ses activités de producteur et de mixeur pour Opeth, sans cacher son admiration pour Meshuggah. Artiste plus généralement sensible à un très grand panel de sources d’inspiration (pas seulement musique, mais aussi cinéma et littérature), le metal est venu assez logiquement faire son apparition dans les compositions de Porcupine Tree à partir de l’album In Absentia, sous forme de riffs bien plus musclés et d’éclairs de puissance jusqu’alors inédits chez le groupe. Néanmoins, on pouvait, en faisant la fine bouche, reprocher une intégration parfois partielle, et en tout cas, en devenir, de ces nouvelles influences. Ce n’est plus cas sur "Fear Of A Blank Planet" (FOABP), qui signe un aboutissement dans la phase de digestion de toutes les découvertes et expériences de Wilson.
FOABP est ainsi une déclaration artistique imposante, dont la pertinence n’a d’égale que sa rareté dans l’histoire du rock. Ce n’est pas seulement l’extrême cohérence et nécessité des 50 minutes qui composent cet album, mais aussi toute l’inspiration lyrique du thème de l’album qui en fait d’ores et déjà une œuvre essentielle. La grande désillusion pour Wilson qu’est le rapport qu’entretiennent les jeunes avec la culture et avec la musique en particulier l’a conduit à mettre en musique des textes qui flirtent littéralement avec l’inspiration d’un Roger Waters, tout simplement. Même émotion, même intelligence sensible du propos, même sublimation de thèmes sombres et émouvants.
Musicalement, Porcupine Tree est désormais une des figures de proue des groupes de rock postmodernes ; la filiation avec les grands, en particulier Pink Floyd et King Crimson, est évidente (surtout dans l’effort de création), mais le résultat produit transcende la somme des influences de Steven Wilson, tellement celui-ci met un point d’honneur à ne pas se répéter et à proposer quelque chose de nouveau. Quand Wilson déclare avoir abordé le titre « Sleep Together » comme un morceau de Nine Inch Nails avec John Bonham à la batterie et produit par Massive Attack, il y a de quoi rester pantois car si on reconnaît bien cette feuille de route une fois énoncée, la créativité résultante dépasse bien entendu largement l’application d’une formule. L’orchestration des cordes sur ce titre est notamment d’une maestria confondante, concluant l’album dans une apogée dramatique jamais atteinte chez Porcupine Tree. De plus, Wilson met toute sa science de la production au service de la thématique sensorielle explorée ; l’état d’hypnotisation de l’enfant sur la pochette de l’album est ainsi parfaitement rendu.
Wilson n’est évidemment pas seul à créditer, l’effort de groupe n’ayant jamais été aussi sensible comme on l’a déjà évoqué. En particulier, on ne peut pas ignorer l’importance grandissante du batteur Gavin Harrison, dont le jeu tentaculaire, groovy en diable, et au goût très sûr, peut évoquer le croisement de Bill Bruford, John Bonham, et Phil Collins ; Harrison étant en outre aussi indispensable à la personnalité de FOABP que l’étaient les batteurs pré-cités aux chefs-d’œuvre des groupes auxquels ils ont appartenu. Il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter ne serait que le morceau-somme « Anesthetize » de près de 18mn, autour duquel l’album s’articule.
FOABP mérite de figurer dans toute discothèque de passionné de musique rock. Cette critique ne s’adresse pas aux connaisseurs de Porcupine Tree, mais à ceux d’entre vous qui n’auraient pas encore écouté ou pas réussi à apprécier le groupe jusqu’à présent. Le message est simple : des œuvres de cette trempe, il n’y en a vraiment pas souvent. Alors accordez-lui une chance, celle de votre attention soutenue. La récompense pourrait en être à la hauteur !"
Sébastien Demay
18:15 Publié dans Bring The Noise (musique) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Rock, Rock progressif, Metal, Porcupine Tree, Steven Wilson, top album
19/08/2007
Scorpions - Humanity Hour 1

Album sorti en France le jour même de leur concert au Zénith, il vient renforcer l'excellente impression laissée par ce dernier.
Après un "Unbreakable" en 2004 porteur d'espoirs car faisant suite à une série d'albums sans grand intérêt et proposant une regard neuf sur l'avenir du groupe, cet album se devait de confirmer la forme retrouvée des papys allemands.
Et il le fait haut la main !
Débutant par un "Welcome to humanity, this is hour 1" d'une douce voix féminine bionique, la rythmique s'emballe et la superbe voix de Klaus Meine vient lancer la machine de guerre. Car oui, "Hour 1" est un pur titre de Hard Rock à la Scorpions, mid-tempo, bien énergique, avec une rythmique lourde et un solo de Matthias Jabs bien senti avant le final, le tout en 3m30.
De l'or pour introduire le concert de mai dernier !
De gros son il est question ici, en attestent des titres comme "321"et son riff de guitare bien gras et son refrain entrainant ("3, 2, 1, are you ready to rock ?"), ou un "The cross" bien massif.
Scorpions doit également sa réputation à ses titres plus posés - ou "slows" pour certains - et cet album n'en manque pas. Ainsi, des titres comme "We were born to fly", "The future never dies" ou le sublime "The game of life" conjuguent harmonieusement mélodies et sons saturés.
Ceux qui ont découvert leur moitié sur "Winds of change" pourront se remémorer leur rencontre sur "Love will keep us alive", ballade forte agréable, et "Humanity", un poil plus énervée mais touchante.
Au final, un album bien équilibré, avec peu de titres faibles ("You're loving me to death" et son pénible refrain, "We will rise again" aux sonorités faussement modernes), qui réunit aussi bien les anciennes générations (celles qui ont mouillé le pantalon lors des derniers concerts en présence du guitariste Uli Jon Roth) que les plus récentes.
Un album à s'écouter en famille (de rocker) !
23:04 Publié dans Bring The Noise (musique) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Scorpions, Hard Rock
31/07/2007
Mass Hysteria - Une somme de détails
La vie est parfois injuste. Pourquoi notre si belle langue française est-elle plus difficile à faire sonner dans un contexte musical rock que la langue de Shakespeare ?
Est-ce parce que notre langue est plus riche et plus complexe phonétiquement, ou bien est-ce une simple question culturelle ? La réponse est certainement un mix des 2 hypothèses...
Quoi qu'il en soit, Mass Hysteria fait partie des quelques groupes rock comme Dionysos, Noir Désir et autres, suffisamment à l'aise pour jouer de métaphores, rimes et autres parades verbales.
Que l'attente fut longue, très longue... 8 années se sont écoulées depuis "Contraddiction", le dernier album couillu des Bretons !
Entretemps, de nombreux concerts toujours aussi percutants, un passage à vide avec 2 albums aux sonorités pop/rock ("De cercle en cercle" en 2001 et "Mass Hysteria" en 2005) pas foncièrment mauvais mais plutôt mous du genou et le second guitariste préférant se consacrer à son nouveau bébé Aaron.
Dès l'écoute du 1er titre, le constat est clair : Mister Gros Son est de retour, Miss Inspiration également, ces derniers ayant eu tendance à s'effacer.
Mass Hysteria est avant tout un groupe taillé pour la scène et cet album accentue ce trait de caractère : les titres sont directs (aux alentours des 3mn), sans fioriture, entêtants pour les meilleurs, énergiques.
Tout n'est évidemment pas parfait pour ce "retour", notamment certains riffs de guitare en béton mais parfois trop conventionnels.
Mais ne boudons pas notre plaisir. Comment ne pas bondir sur son lit à l'écoute de brûlots tels que "Babylone" (et son break à la Metallica) ou le volcanique "Killing the hype" (Yang involontaire de "Respect to the dancefloor") ?
Comment résister à la puissance sauce Slayer avec "Une joie kamikaze", au superbe "Briller pour toi" (avec la chanteuse de Dolly) digne d'un Deftones des grandes heures ?
Non vraiment, Mass Hysteria est de retour avec un album sévèrement burné, ne nous en privons pas !
La prochaine fois les gars, ce sera à celui qui a la plus longue...
12:25 Publié dans Bring The Noise (musique) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Rock français, Mass Hysteria, metal

